Dezső Kosztolányi

Kornél Esti

Roman / Collection Irodalom
140x205 mm / 272 pages
Traduit du hongrois par Sophie Képès
Prix : 20.30 euros
Disponibilité : disponible
ISBN : 9782916589398

Kornél Esti

Qu’est-ce que Kornél Esti ? Roman, récit de voyage, biographie ? Rien de tout cela, et tout cela à la fois, s’exclame Kornél Esti dans un savoureux dialogue avec l’auteur qui ouvre le livre. Kornél Esti y est présenté comme une sorte d’alter ego de Kosztolányi, un double fantasque, anarchisant et tentateur…

Jusqu’ici les lecteurs français ne le connaissaient qu’à travers Le Traducteur cleptomane, édition partielle publiée en 1985 par les éditions Alinéa, reprise par Viviane Hamy, choix subjectif d’une douzaine de nouvelles piochées parmi les deux opus du cycle Kornél Esti et Les aventures de Kornél Esti, rebaptisées et réordonnées de manière différente de l’oeuvre initialement publiée par Kosztolányi.

La présente traduction est la seule disponible conforme à l’oeuvre originale : suite de 18 chapitres titrés et numérotés, le livre ne présente cependant pas une narration linéaire, tout en manifestant une unité évidente de thématiques et de ton : inventant un genre inédit, au croisement de la nouvelle et du roman, Kosztolányi donne forme à un monde, le monde de Kornél Esti.

Pleines de charme, de fantaisie, mais aussi de tendresse et de compassion à l’égard des faiblesses humaines, ces nouvelles promènent le lecteur entre le Budapest des années 20 et les grandes capitales européennes, vers lesquelles on voyage en train, et le mènent aussi vers des destinations plus énigmatiques, comme la « ville des honnêtes gens », où tout le monde ne dit que la vérité… Les rapports ambigus entre le réel, le dit et l’écrit, sont l’une des préoccupations évidentes de Kosztolányi, qui joue avec malice des paradoxes du langage, s’inscrivant ainsi durablement dans la modernité littéraire.

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Chapitre 3

Dezső Kosztolányi

Desző Kosztolányi est né le 29 mars 1885 dans une ancienne province de l’Empire Austro-Hongrois. Célèbre dès 22 ans avec un premier recueil de poèmes, il est l’un des auteurs les plus lus de sa génération – celle de Krudy, Füst, Karinthy… – la première génération de l’illustre revue moderniste hongroise Nyugat. Auteur prolifique, polyglotte, traducteur de Shakespeare, Rilke, Baudelaire, Valéry et de nombreux poètes chinois, Kosztolányi est au sommet de sa gloire dans la deuxième moitié des années 1920. Le chemin d’écriture qu’il a suivi jusque-là – il a déjà écrit plus des deux tiers de son œuvre –, les genres « trop parfaits » qu’il a pratiqués – romans, nouvelles, poésie, essais, journalisme –, l’ont mené cependant vers une douloureuse impasse artistique. Considérant qu’il n’y a pas d’art plus grand que celui d’éliminer, Kosztolányi privilégiera dès lors la forme brève, s’efforçant de retrouver la totalité dans le fragment, de jouer librement avec l’immense sujet de la vie. Kosztolányi est mort à Budapest le 3 novembre 1936.