Stanley Elkin

Marchand de liberté

Roman
Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Jean-Pierre Carasso
140x205 mm / 176 pages
Prix : 20.30 euros
Disponibilité : disponible
ISBN : 9782916589404

Marchand de liberté

Cincinnati, les années 60. Alexander Main est un bailbondsman, un marchand de liberté. Ses clients  ? Truands, petits malfrats et autres égarés aux prises avec la justice, pour lesquels il se porte garant, faisant son beurre des commissions proportionnelles au montant des cautions. Un métier un peu louche qui demande du flair, car il ne faut pas se tromper de client, repérer celui qui pourra payer, qui ne cherchera pas à faire faux-bond au moment du procès. Du bagout aussi, pour mettre tout le monde dans sa poche, escrocs, avocats, flics, juges  : la petite routine pittoresque et perverse de la justice américaine, la bonne vieille danse de l’argent et de la loi. Et enfin, il faut de la poigne, être prêt à faire parler la poudre, à faire respecter ses intérêts.

Incroyable bonimenteur, Main est un personnage complexe, imprévisible, un malin mélancolique, un drôle de type qui fait de drôles de rêves. Il tyrannise gentiment son assistant, Crainpool, terne gratte-papier dont la fadeur se révélera trompeuse…

Vive, magistralement rythmée, la langue d’Elkin entraîne le lecteur dans une irrésistible fête verbale, d’une drôlerie et d’une intelligence savoureuses.

Stanley Elkin

Né à Brooklyn en 1930 et disparu en 1995, année où son dernier roman, Mrs. Ted Bliss, lui valut le National Book Critics Circle Award pour la deuxième fois, Elkin fit sa carrière loin de New York, confortablement caché au fin fond du Midwest.

Elkin n’était pas drôle et sérieux, il était, selon les pages, drôlement sérieux ou sérieusement drôle - une formule en américain dans le texte existe : « A Serious funny writer ». De même, ses histoires sont simultanément banales et majestueuses, absurdes et signifiantes, paraboliques et douloureusement réalistes. Son sujet était l’homme (américain) de son époque dans tous ses vices et sa splendeur pathétique. Ses personnages toujours ambigus sont aux prises avec des conjonctures dantesques, mais ils ne prononcent jamais une seule sentence métaphysique. Les intrigues d’Elkin sont redoutablement édifiées, mais elles ne sauraient en aucun cas se priver de leurs détours, anomalies et flottements. Ses romans prennent des airs de critique acerbe de l’âge pop, mais ils tournent le dos à la cohérence obligée des romans sociaux et propres sur eux.