Anna Kavan

Neige

Collection Literature
Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Ronald Blunden
208 pages / 140 x 205 mm
Prix : 19 euros
Disponibilité : disponible
ISBN : 9782366240498

Neige

Quelque chose en elle appelait la tyrannie et la terreur, et elle corrompait mes rêves, m’entraînait dans des recoins obscurs que je ne tenais nullement à explorer. Je ne savais plus au juste qui de nous deux était la victime. Peut-être étions-nous la victime l’un de l’autre.

Un homme sans nom poursuit obstinément une femme qu’il a aimée jadis – une femme fragile comme le verre, à la chevelure étincelante comme le clair de lune – dans un monde de catastrophe imminente.

Jour après jour, la glace grignotait la courbe du globe, dans une progression que ni les mers ni les montagnes n’entravaient. Elle s’approchait régulièrement, sans hâte ni lenteur, laminant des villes entières, remplissant des cratères d’où avait coulé de la lave en fusion. Il n’y avait aucun moyen d’arrêter les gigantesques bataillons de glace envahissant inexorablement le monde, écrasant, rasant, détruisant tout sur leur passage.

À propos de Neige

« J’ai toujours admiré en Anna Kavan l’un des rares écrivains qui se sont risqués à explorer le monde nocturne de nos rêves, de nos fantasmes et de notre imagination. Il y faut beaucoup de courage et une grande maîtrise d’expression. »
Anaïs Nin

« Une oeuvre unique, le roman de super-science-fiction d’une écrivain-née. »
Brian Aldiss

« Anna Kavan a créé un monde fascinant et unique. Peu d’écrivains contemporains peuvent rivaliser avec l’intensité de sa vision. »
J.G. Ballard

« J’ai toujours associé Anna Kavan à la grande tradition féminine subjective – Virginia Woolf, Djuna Barnes, Anaïs Nin. »
Lawrence Durrell

Anna Kavan

Anna Kavan, Helen Woods de son vrai nom, est née à Cannes en 1901 et a passé son enfance en Europe, aux États-Unis et en Angleterre, une enfance dominée par une mère impitoyable. C’est en Birmanie qu’elle publie ses premiers romans sous son nom de jeune mariée, Helen Ferguson. Les dépressions nerveuses consécutives à la dissolution de son second mariage l’amèneront à séjourner en hôpital psychiatrique. Une expérience asilaire dont elle émergera avec un nouveau nom – Anna Kavan, celui de la protagoniste de l’un de ses précédents livres, Laissez-moi ma solitude – et un nouveau style. Une représentation à l’asile, le premier roman qu’elle publie sous ce pseudonyme – dont elle aurait emprunté le K à Kafka – lui vaut une certaine reconnaissance. Sa longue addiction à l’héroïne et la fragilité de son état mental sont indissociables de son oeuvre. Anna Kavan est décédée à Londres en 1968, peu de temps après la publication de Neige, son roman le plus célèbre. Morte d’une crise cardiaque, dans sa chambre silencieuse, sa fidèle seringue à coté d’elle. « Elle était prête à affronter la glace. »